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31.03.2008

JO de Pékin...

Comment boycotter Pékin sans priver les athlètes de Jeux ?

747329646.jpgOn ne peut pas rester indifférent devant les événements du Tibet et faire comme s’il s’agissait d’un simple problème de police intérieur chinois. Les morts tibétains, les scènes de violence qui se multiplient, l’arrivée d’importants renforts de l’armée chinoise nous interpellent chaque jour un peu plus fort : faut-il boycotter les Jeux ? Telle est bien la question. Comment peut-on en effet envisager de défiler dans un stade sous les regards des dirigeants chinois, de ceux-là mêmes qui oppressent le Tibet ?

 

Cette situation n’est pas nouvelle et le tout-puissant CIO (d’où tire-t-il sa légitimité ?) ne pouvait ignorer que la présence chinoise au Tibet pouvait poser problème lorsqu’il a attribué ces Jeux de 2008 à Pékin ; mais le Dalaï Lama n’avait pas manifesté d’opposition et le calme apparent qui régnait dans la région laissait à penser que la Chine contrôlait la situation. Alors, pourquoi ne pas donner ces Jeux à la Chine, candidate si pressante ! L’Empire du Milieu voulait tant les Jeux... Le CIO faisait de la géopolitique - mieux que l’ONU -, c’était une situation enivrante ! Samaranch, le président du CIO, était au faîte de sa gloire, l’égal des grands de ce monde !

 

Mais la révolte des Tibétains, moines en tête comme en Birmanie, il y a seulement quelques mois, nous ramène quelques années en arrière : fallait-il accorder les Jeux à la Chine du fait de l’occupation du Tibet ? En d’autres termes, faut-il aujourd’hui boycotter les Jeux ?

 

Boycotter les Jeux de 2008, c’est priver les athlètes de compétition olympique, d’une part, et, d’autre part, mettre à mal toute une économie (droits médias, sponsors, tourisme, etc.). La décision - mais ce n’est plus le CIO qui décide, ce sont les politiques - est donc repoussée, tout le monde espérant une sortie de crise diplomatique, comme d’ailleurs les membres du CIO qui sont tétanisés devant l’événement. On en est là : wait and see...

 

Mais la Chine ne semble pas vouloir jouer la carte diplomatique. L’hypothèse d’une action militaire d’envergure n’est donc pas à exclure. Le boycott sera inévitable. Plutôt que de les boycotter ne faudrait-il pas chercher à les sauver en les organisant ailleurs ? Pourquoi pas à Athènes, qui a accueilli les derniers Jeux il y a quatre ans et qui a donc pratiquement toutes les installations nécessaires (et on sait les Grecs capables de construire en huit jours ce qui se fait en huit mois ailleurs) ? Le CIO, dans son immense sagesse, devrait l’envisager.

 

Priver Pékin de Jeux sans priver les athlètes de Jeux en les organisant à Athènes, voilà bien la seule bonne réponse à la situation tibétaine. Il est vrai que les Chinois « perdront la face », ultime satisfaction pour tous ceux qui se rangent aux côtés des Tibétains ; car « perdre la face », c’est pour la Chine autrement plus important que de perdre les Jeux !

 

Le CIO est peut-être une organisation trop molle pour faire cela : profitons-en pour revoir l’organisation des Jeux, qui ne peut plus être laissée à la discrétion de quelques notables tant la politique est devenue primordiale - l’affaire tibétaine en témoigne -, mais pourrait être confiée à une commission de l’ONU - qui devrait prévoir des sites de repli en cas de force majeure (ce serait dans sa charte !).

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